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Article Coopération - Perle N°439

17.12.2020

Journaliste : Sophie Dürrenmatt

Photographe : Charly Rappo

Ressort : Tendances & Loisirs

Resp. ressort : Didier Walzer

 

 

Et si on partait cueillir le dîner ?

La montagne abrite des trésors culinaires bien cachés. Trèfle, ciboulette, lotier corniculé ou renouée bistorte sont autant de régals pour nos papilles. Randonnée pour une expérience gustative offerte par dame nature.

 

 

Sept minutes. Sept petites minutes pour atteindre l’Eden. Car c’est le temps nécessaire pour que la télécabine en partance de Champéry nous amène sur les hauteurs du village valaisan, au cœur des portes du soleil. «Tout le monde a son sac en tissu ?» questionne Nathalie Nemeth-Défago, accompagnatrice en moyenne montagne et herboriste. «Les herbes et les plantes sauvages, c’est comme les champignons : on ne ramasse pas ce qu’on ne connaît pas !»

La randonnée de notre petit groupe a pris son élan depuis un petit moment déjà et notre animatrice ne tarit pas d’anecdotes, d’histoires et de connaissances sur l’univers floral de ces montagnes. «L’idée est simple : nous allons cueillir notre repas. Vous n’imaginez pas le nombre de trésors dont la nature recèle pour faire la cuisine. Regardez là bas : de la renouée bistorte. Ça vous dit une soupe ?» sourit Nathalie. Oseille des prés, ciboulette sauvage, langue de bœuf, lotier corniculé, pensées, fleurs rouges, oranges, blanches, dont les noms échappent souvent aux non initiés, tapissent les hauteurs. «L’important est de s’intéresser, de connaître les anecdotes et l’histoire de ces plantes. Mais aussi de comprendre pourquoi certaines poussent à tel endroit et pas d’autres. Ou à quoi faut-il faire attention lorsqu’on part en cueillette. Certaines plantes sont très toxiques et d’autres sont protégées, comme les dizaines d’orchidées que vous apercevez là-bas. Et puis avouez tout de même que cueillir son repas souligne un retour aux sources, aux valeurs naturelles et témoigne d’un respect du savoir des anciens.» détaille notre guide.

Le soleil est au zénith et les montagnes se dressent majestueuses devant la cantine Lapisa tenue par la famille Marclay qui met à disposition de notre petit groupe sa cuisine. La confection du repas se fait dans la bonne humeur générale. Au menu : tapenade des Alpes, où se mêlent trèfle, ciboulette, oseille, citron, lotier corniculé et huile d’olive, et soupe de renouée bistorte, dont le goût et la finesse alimentent les discussions à table. Une assiette de viande séchée et de fromages maison de la famille Marclay accompagne divinement le tout. L’après-midi est déjà entamé et le moment de repartir est arrivé. Au fur et à mesure de la descente, la diversité de la flore s’amenuise. «Cette diversité en montagne est une richesse fragile. Ces randonnées thématiques sont là aussi pour en témoigner. Est-ce que l’Eden existe ? Bien sûr, nous venons d’y passer la journée !» sourit Nathalie avec un grand signe de la main nous indiquant qu’il est malheureusement l’heure de se quitter.